Au lendemain de sa défaite dans le conflit qui l’opposait à la Prusse et l’Allemagne de 1870 à 1871, la France se trouve amputée de l’Alsace (à l’exception du Territoire de Belfort) et d’une partie de la Lorraine. Afin de parer à toute éventuelle invasion, elle met sur pied en 1872 un Comité de défense de toutes ses frontières aussi bien terrestres que maritimes.

Durant les combats de 1870, les fortifications en place ont rapidement montré leurs faiblesses. Il faut repenser les places fortes en les adaptant aux progrès de l’artillerie. Le Général Séré de Rivières, promu dès 1873 secrétaire du Comité de défense, est chargé de cet ambitieux projet qui prévoit l’édification en France de 166 forts, 43 petits ouvrages et 250 batteries. La construction du fort du Mont-Bart s’inscrit dans ce plan de défense.

Classé comme fort d’arrêt, il se doit d’être capable de fonctionner en autonomie totale et d’assurer sa protection tout en contrôlant certains points de passages jugés sensibles (routes, chemins de fer, gares, rivières, écluses, ponts). Il est principalement érigé afin de protéger la place fortifiée de Belfort contre toute invasion venant du sud et d’empêcher le contournement de cette place par la Suisse. Avec les forts voisins du Mont-Vaudois, du Lomont, Lachaux et la batterie des Roches, il constitue le Môle défensif du Lomont, un véritable rempart dont le croisement des feux assure une ultime ligne de résistance en direction de Besançon si les défenses de la Trouée de Belfort venaient à capituler.

Situé à 485 mètres d’altitude, le fort nécessite plus de quatre années de travaux (de 1874 à 1877). Entièrement construit en pierre de taille, cet imposant ouvrage militaire occupant une surface de 3,5 hectares possède une forme pentagonale qui lui permet d’assurer une protection sur 360 degrés. Il est en outre renforcé par deux fossés : le premier est encore visible au niveau du poste de l’avancée tandis que le second large et profond de plus de 10 mètres ceinture l’ensemble de ses fortifications. Au fil des années, les forts ont dû s’adapter aux progrès de l’artillerie et la plupart ont subi de nombreuses modifications afin d’offrir suffisamment de résistance aux nouveaux explosifs. Le fort du Mont-Bart fait exception : hormis le recouvrement de son casernement, il n’a subi aucun changement et restitue une image fidèle d’un fort de type Séré-de-Rivières.

Longtemps laissé à l’abandon, il fait l’objet depuis une vingtaine d’années de travaux de restauration à l’initiative de l’Association du Fort du Mont-Bart soutenue par la mairie de Bavans et par Pays de Montbéliard Agglomération. Ouvert au public, il accueille également une programmation d’activités culturelles et de loisirs en période estivale. Il est aujourd’hui géré par Pays de Montbéliard Agglomération.