LA CHAMBRE DES LAMPES

La conservation de munitions et surtout de poudres requérait tout un dispositif de sécurité qui concernait également le système d’éclairage. Afin d’éviter tout risque d’explosion au contact de la flamme, ce dernier était indirect. Les magasins à poudre et à munitions étaient en effet éclairés au moyen de lampes à huiles, équipées d’un réflecteur (genre disque de locomotive) et installées dans un corridor séparé. Des petites ouvertures pratiquées dans la maçonnerie permettaient de diffuser la lumière des lampes à travers des vitres de 20 mm d’épaisseur, elles mêmes protégées par un grillage contre les projections accidentelles. La fumée que dégageaient les lampes était évacuée au moyen d’une cheminée ménagée au dessus de la chambre. Cette cheminée munie de plaques de faïence blanche à sa base réfléchissait la lumière du jour, diffusant ainsi une faible clarté dans la journée.

LA POUDRIÈRE CAVERNE

L’emploi de la mélinite à partir de 1885 pour remplacer la poudre noire utilisée jusqu’alors et la mise au point de l’obus torpille qui permet des tirs dévastateurs obligent à reconsidérer l’emplacement des poudrières qui deviennent alors des éléments vulnérables et dangereux pour la sécurité du fort. Une poudrière caverne est construite en 1889. Creusée directement dans le rocher à environ 15 mètres de profondeur, cette poudrière présente ainsi peu de risques d’explosion. Ce risque est en outre amoindri par sa localisation à l’écart du centre du fort, au devant du fossé. Afin d’acheminer directement les munitions de la soute à la pièce (notamment des obus de 155 mm), elle est desservie par un système de wagonnets.